Dtone fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui proposent une nouvelle direction à la peinture. Ses œuvres questionnent le regard que nous posons sur les choses. En septembre 2009, il expose à Paris ses « Black Virgins » ; une exposition empreinte de spiritualité qui bouleverse les codes établis. Rencontre.Quelques mots sur ton parcours artistique et ta rencontre avec l’agence Bothsides Creative ?
Dessinateur autodidacte dès mon plus jeune âge, j'ai découvert le tag et le graffiti au cours de mon adolescence. J'ai ensuite suivi des études de dessin publicitaire, puis de narration figurative. Par la suite, j'ai travaillé comme assistant de production dans le dessin d‘animation. En parallèle, dès 1992, j'ai commencé à réaliser mes premières peintures sur toile. J'ai rencontré l’agence Bothsides Creative par le biais du peintre Yann Couedor, qui leur a parlé de mon travail et m a présenté à eux.
Quelles sont tes principaux centres d'intérêt en termes d’art, de musique ou de culture ?
Je suis un artiste à double facette, à la fois peintre et chanteur : je chante ce que je peins, et je peins ce que je chante ! Mes goûts et mes influences sont à l’image de ce qui nous entoure : multiples et divers ! Le dessin anatomique, le nu, le graffiti, le pop art, l’iconographie éthiopienne, les vitraux, et surtout le mélange des genres : blues, reggae, soul, opéra, hip hop, uk grime...
Qu’est-ce que l’Afro Iconographic Art : un mouvement ?
Cette expression synthétise mon travail : "Afro" pour la couleur des personnages, "Iconographic" pour le style, "Art" pour le mode d’expression.
“Black Virgins” ?
Cette exposition, qui se tient jusqu'au 18 octobre 2009 à la galerie Absoluty (Paris), est un hommage aux femmes et à la féminité. C'est aussi le rappel d’un pan de l’histoire, bien souvent passé sous silence. La première toile que j’ai réalisé sur le sujet date de 1994 ; c est pour moi une source d inspiration intarissable. J'y reprends l'esprtit de la technique du vitrail - dans les lignes, la séparation des couleurs et les transparences. Les camaïeux et les clairs obscurs sont réalisés a la bombe aérosol et à la peinture acrylique. Ma vision est imprégnée de spiritualité, et non de religion. Je travaille sur le regard qu’on pose sur l’image, le pouleversement des codes établis et le questionnement que cela procure.
Ne crains-tu pas de choquer en bousculant certaines références religieuses et culturelles très ancrées dans l’inconscient des gens ?
L artiste propose,le public dispose... Mon travail est une chose, l’histoire en est une autre. Le culte des vierges noires "déesses mères" fait partie de notre patrimoine historique. Par mes oeuvres, je propose aux gens de se poser des questions, de compléter ce qu'ils croient savoir. L’histoire appartient à tous. Michel Ange, comme d’autres avant et après lui, a donné un visage et une apparence à des personnages bibliques et historiques. Ses tableaux ont forgé et défini notre héritage culturel et l’idée que nous nous en faisons de ces personnages - à tort ou à raison. En tant qu’artiste, je ne fais que perpétuer cette tradition.
Comment te positionnes-tu par rapport au Street Art, devenu la tendance des grandes galeries d’art ?
Qu’il soit street, pop, ou autre, l’art reste de l’art, et un artiste reste un artiste. Les tendances se font et se défont. S’il faut que le "street art" devienne tendance pour être vu de toutes et de tous, et bien soit !
Ton rapport à l’univers de la mode ?
J’ai eu l'occasion de collaborer avec certaines marques, comme Agnès B. Pour moi, le vêtement est un support et un vecteur de diffusion supplémentaire.
Quelle relation entretiens-tu avec le monde numérique, Internet et les réseaux sociaux ?
Ce sont des outils indispensables pour la visibilité et le relationnel. Les réseaux sociaux me permettent de partager et de diffuser les images de mon travail dans le monde entier, mais aussi de discuter et de travailler avec des gens que je n aurais sans doute jamais rencontrés autrement.
Ton moteur aujourd'hui?
Être moi-même. Ne pas suivre la mode, mais regarder la mode nous suivre !
Par Karim Farès


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire