vendredi 18 septembre 2009

Escale à Gorée : La mémoire de l’esclavage

Gorée. Un bout de terre perdue dans l’immensité du grand bleu. Mais alors, quelle grande histoire !  On l’appelle, d’ailleurs, l’île mémoire. Deux chaloupes relient Gorée au reste de la terre. Ce jour là, nous tombons sur le Coumba Castel, du nom d’une déesse des océans, génie protectrice des eaux.

Un voyage en chaloupe, c’est une ballade sur l’eau. La chaloupe n’est jamais pressée…elle glisse, s’approche doucement de l’île. Le Coumba Castel  guette. Au loin, ce festival de couleurs qu’est l’architecture de l’île régale l’œil. Vingt minutes plus tard, elle accoste sur la rade de l’île.

A Gorée, chaque rue, chaque maison est livre d’histoire. L’île  est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Pendant, quatre cent ans, Gorée a été la plaque tournante du commerce des esclavages. C’était la dernière escale avant le départ pour l’Amérique pour ces hommes et femmes venus de l’arrière pays des côtes africaines. Ils transitaient,  dans des cachots,  enchainés.

Aujourd’hui, l’une d’entre elle, est un grand musée de la traite négrière : la Maison des esclaves. Ces cellules minuscules et ses chaînes, rouillées, fissurées par le temps témoignent encore des conditions atroces de détention. La cour donne, tout au bout, sur une porte face à l’océan. Une fois franchi, les esclaves embarqués dans les bateaux. Direction l’Amérique. Pour toujours. Elle était appelée, la porte du non retour. 

La Maison des esclaves est devenue un lieu de pèlerinage surtout pour les Afro-américains. Ils  viennent prier et se poster devant la porte du non retour.  Ici, tout le monde à en mémoire, les larmes du révérend Jesse Jackson debout face à l’océan  ou de la frêle silhouette de Mandela accoudé à la porte, pendant de longs instants.

La Maison des esclaves est orpheline depuis deux ans. Son conservateur légendaire Joseph Ndiaye est décédé. Un personnage, haut en couleur, haut en verbe. Tous les jours, il rappelait aux centaines de visiteurs, ce qu’était l’innommable. Son récit arraché des larmes. Aujourd’hui, le jeune Eloi a repris le flambeau avec talent. Et la vie va. Gorée, aujourd’hui, perpétue la mémoire de l’esclavage. Mais n’oublie pas de vivre intensément son présent. L’île est devenue le refuge de dizaines d’artistes. Musiciens à chaque bout rue, peintres squattant des bâtisses en ruine  

en attendant la gloire. Ils règnent un petit air de la bohème.

Dans les halls des grands maisons, autrefois propriété des commerçants d’esclaves, des mômes jouent, rient, passent, courent…Sans se soucier du temps qui passe.  Eternelle Gorée !

 

Ousmane Ndiaye  Photos : Fanck Vibert

 

1 commentaires:

glenaCM98 a dit…

Bonjour,
J'ai trouvé votre blog très intéressant et je pense que cette info vous intéressera.
Comme chaque année depuis 15 ans le 23 mai est la date de la commémoration des victimes de l'esclavage. Cette année, sur le parvis de la basilique de Saint-Denis (à côté de Paris) en plus du village et des festivités, un monument aux esclaves sera inauguré en présence du ministre des Outre-Mer, d'élus et de personnalités. Sur ce monument seront gravés 213 des noms retrouvés des ancêtres esclaves de personnes connues (Victorin Lurel, Harry Roselmack, etc.) ou inconnues, descendantes d'esclaves. Une première mondiale !
Nous vous attendons nombreux à cette fête dont vous trouverez le programme à : http://www.cm98.fr/images/stories/CM98/pdf/FlyerStDenis-23mai2013.pdf?5a8ba2524b66f432c7b8159053b07b45=345e2978a28efaa2c4651e53e88a7da6
Bien cordialement, CM98

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