Suivez pendant un mois, le road trip africain de notre journaliste Ousmane Ndiaye, accompagné du photographe Franck Vibert. Ambiance…
Terre-mer
Dakar. Comme un nez posé au milieu de l’Océan. Une presqu’île. Le bruit de la mer n’est jamais loin. Son odeur aussi, portée par la brise marine. Bouffée de fraîcheur dans la chaleur tropicale. L’océan est le totem protecteur. Ici, il se raconte de père en fils qu’une vieille déesse enfouie dans les eaux de l’Atlantique protège la ville. Mythe ? Ne posez surtout pas la question. Quelle offense ! Les mémoires d’enfants sont peuplées de légendes, de rencontres nocturnes et d’apparitions de la fée.
N’empêche, l’océan engloutit les enfants du pays. Par milliers ! Sur de frêles embarcations, les jeunes s’en vont rallier les côtes espagnoles. En quête d’avenir. Terrible cri de désespoir que le slogan du moment : "Barça ou la mort !" Principal pourvoyeur d’emploi dans le pays, la vente à la sauvette. Des milliers se faufilent dans le chaos urbain pour vendre le premier objet qui leur tombe sous la main. Dakar court, s’ébruite, rit sans jamais s’arrêter. Enfin si… Soudain, le ciel s’habille d’un bleu à faire pâlir de jalousie l’océan. Le ciel fait des siennes, il pleut sur Dakar. Des cordes massives. Des heures et des heures…Interminable. La mousson d’août sous les tropiques. Les trois millions de Dakarois se terrent patiemment autour d’une séance d’ataya. Après la pluie, le sale temps, dit-on ici. Flaques d’eau, routes éventrés… Les ‘’cars rapides’’ (quel nom !) zigzaguent avec un goût du risque sans limite des les ruelles esquintées. Ainsi va Dakar. Toujours vivre. Envers et contre tout. Ousmane Ndiaye - Photos : Franck Vibert
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