Pendant cinq mois, la Fondation Cartier consacre une expo au graff. Les cultures urbaines s’incrustent dans les institutions, entre reconnaissance et récupération.

Cartier qui célèbre le graff… c’est comme Drucker qui rend hommage à NTM. Décalé. Improbable. Déjà, en sortant du métro, on aurait dû reconnaître les signes qui ne trompent pas. Au cœur des beaux quartiers parisiens, un jeune est en train de graffer sur les murs de la Fondation Cartier, « dégradée » pour l’occasion. Mise en scène ? En tout cas, l’aérosol d’habitude si controversé a le droit de squatter le prestigieux musée. Dès l’entrée, on nous annonce la couleur : des installations graffées par les plus grands noms actuels. JonOne, Cripta, Olivier Kosta-Théfaine, Barry McGee, Nug et bien d’autres ont investi les lieux. Et, histoire de ne pas les dépayser, on a leur même offert une (fausse) porte de métro pour s’exprimer. Graffitiquement correct, vous l’aurez compris. Mais ces installations n’en demeurent pas moins hallucinantes. La preuve que le graff a désormais sa place dans le cercle très privé de l’art contemporain. Même, il en représente peut-être le dernier mouvement figuratif.

Leila Haddouche & Aurélia Blanc
> "Né dans la rue", jusqu'au 29 novembre 2009. Fondation Cartier, 261 bd Raspail - 75014 Paris


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