Toujours sur la route, Brahim. Neuf ans après son premier album, le chanteur tourangeois fait une nouvelle percée chez les disquaires (et dans nos oreilles). Du reggae teinté de soul, des textes, des vrais, portés par une voix qui prend aux tripes : l’artiste est bel et bien de retour. Rencontre.

Pourquoi ces huit ans entre « Toujours sur la route » et « Dans quel monde on vit » ?
Je devais déjà me détacher de ma maison de disques. Ensuite j’aurais dû signer chez Naïve, qui nous a fait galérer. Donc avec Yovo et Giovanny on a décidé de produire l’album nous-mêmes. On a souffert, on a mis du temps, on y est arrivé quand même ! Un mélange de reggae, de soul…du Brahim!
« Toujours sur la route »?
C’est une image. On est toujours sur la route de réussi notre vie.Le plus important c’est d’avancer et de s’épanouir. Je crois en ma musique, je crois en Dieu, j’ai la foi en ce que je fais, point à la ligne. Ce qui m’intéresse, c’est que les gens ressentent que j'agis avec mon cœur. Qui que tu sois, si t’apprécies, t’es le bienvenu.
Justement quels thèmes abordes-tu dans l’album?
Un morceau parle des médias : parfois ils veulent tellement dire de choses qu’ils les disent vite et mal. Donc il faut prendre du recul. Que des gens tue au nom de Dieu, en Irak par exemple, ça me touche aussi beaucoup. Dans un des morceaux je dis « ne mettez pas le nom de Dieu dans vos sales business »… Je ne peux pas les en empêcher, mais je peux l'écrire, le dire et le partager. On sait qu’on ne va pas changer le monde, mais ça fait du bien de l’entendre en musique, avec une vibration.
Certains titres sont plus intimes…
Ce second album est plus personnel. J’écris de plus en plus de soul, et la "soul" ("âme" en anglais) ça veut bien dire ce que ça veut dire. Le titre "Sans se retourner", raconte une part de ma vie, qui fait écho dans la vie de de plein de gens.
Bientôt un album soul ?
Probablemement, un jour ou l'autre. J’aime bien les crooners. On ne vit qu’une fois, et je ne veux pas m’emprisonner. Le fil conducteur c’est ma sincérité.
La portée de la musique, et plus particulièrement du reggae, dans la société?
Il y a un dicton qui dit « ne soit pas trop doux car on t’avalerait, ne soit pas trop amer car on te recracherait ». Le problème du reggae, c’est ça. C’est bien de crier, mais il faut être malin et savoir faire le juste milieu pour qu’on t’écoute.
Trois mots pour définir l’album ?
« Tu vas l’aimer » (rires) !
Ton message ?
Laissez parler votre cœur. Il n’y a que ça de vrai, quoiqu’il arrive.
Propos recueillis par Aurélia Blanc


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