Groupe de rap aux accents slam, mêlant sonorités rock et influences orientales, La Canaille refuse le formatage, tant musical qu’idéologique. Avec "Une goutte de miel dans un litre de plomb", leur premier album, les quatre acolytes passent au crible les travers de notre monde. Rencontre avec Marc Nammour, chanteur et parolier du groupe.

La Canaille ?
C’est le titre d’un chant révolutionnaire de 1871, dont la poésie nous a frappés. Ce texte énumère qui est la canaille: l’ouvrier, le chômeur, l’artiste... Ça nous correspondait tellement bien qu’on en a gardé le nom!
Porte-parole ?
On ne représente que nos quatre voix. Même si on espère que nos textes, notre musique, notre façon de voir le monde vont faire écho, ça nous gêne de nous autoproclamer porte-parole; c’est toujours un peu prétentieux, arriviste. On n’est pas des leaders d’opinion
Engagés ?
Nous sommes des artistes corrosifs, subversifs, conscients… mais pas engagés. Ce terme veut dire tout et n’importe quoi: Sarkozy est quelqu’un d’engagé, tout le monde est engagé… Reste à savoir dans quelle direction! Contestataires, ça nous correspond plus.
Votre message ?
Mes textes s’inspirent de ce que je vois et de ce que je vis. La réalité à travers les yeux d’un gars du peuple. Dans l’album, il y a un intermède fil rouge, le Chroniqueur: le personnage que j’incarne quand j’écris. Ces chroniques sont forcément corrosives et subversives, parce que la réalité d’un prolo n’est pas celle de quelqu’un qui n’a jamais connu le besoin, qui ne se pose pas la question de savoir comment changer les choses, puisque ce monde lui correspond.
Musicalement inclassables ?
Nous sommes un groupe de rap nourri de tas d’influences. Ça nous excite d’aller voir ce qui se passe ailleurs, de puiser notre inspiration dans d’autres courants, pour créer quelque chose d’original. Notre univers est parfois très rock, électro ou oriental, tout en restant hip-hop. Ça peut surprendre, surtout les jeunes, mais le rap a toujours mixé les styles: c’est une musique de samples aux influences multiples, qui permet une richesse artistique.
Votre public ?
Forcément large, vu tout ce qu’on fusionne! C’est toujours la bonne surprise: ça va de15 à 70 piges, des amoureux du hip-hop au public alternatif des festivals.
Réaction du public lorsque vous jouez Ni dieu ni maître ?
Majoritairement positive. Comme si ça faisait du bien de scander ce slogan! Surtout en ce moment, où l’obscurantisme et les intégrismes religieux font leur retour. Certains sont parfois choqués, mais finalement, c’est une des chansons qui marchent le mieux. Au premier refrain, les gens sont surpris; au deuxième, ils commencent à entrer dans le délire; au troisième, ils chantent avec nous! Comme une bouffée d’oxygène, un cri de liberté. Avant d’être chrétien, juif ou musulman, on est avant tout des hommes: on a besoin d’unité, pas de division.
Recueilli par Aurélia Blanc
> Une goutte de miel dans un litre de plomb : sortie le 7 septembre 2009
Prochaines dates :
9 septembre 2009 – Paris/ Alimentation Générale
26 septembre : Lyon / Marché Gare
1er octobre : Paris / Les Combustibles
3 octobre : Paris / Main d’œuvres
16 octobre : Sannois / EMB
17 octobre 2009 : Montreuil / Café La Pêche
24 octobre : Lure / Auditorium de Lure
6 novembre : Pantin / Salle municipale


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